Les Conventions Etudiantes Locales de l'Alimentation Durable (CELAD) de Paris et Lyon

2026-01-20

Les Conventions Etudiantes Locales de l'Alimentation Durable (CELAD) de Paris et Lyon | RESES

Pendant l’année universitaire 2024-2025, 43 étudiant·es issu·es de 15 associations se sont réunis à Lyon et Paris pour les Conventions Étudiantes Locales de l’Alimentation Durable (CELAD) avec comme objectifs : se former, co-construire des propositions et porter la voix des jeunes auprès des décideur·euses locaux·ales.

Les Convention Etudiantes Locales de l'Alimentation Durable (CELAD), c’est quoi ?

Portées par le Réseau Etudiant pour une Société Ecologique et Solidaire (RESES), les CELAD sont : 
* Un projet dans deux villes différentes réalisé en simultané sur l’année universitaire 2024/2025
- 19 membres d"associations étudiantes parisiennes et 24 membres d'associations étudiantes lyonnaises 

- 11 événements organisés (5 webinaires, 2 week-ends nationaux, 4 journées locales)
- 1 visite de ferme urbaine dans chaque ville

- 15 intervenant·es extérieur·es au RESES
- De nombreux ateliers variés : débats collectifs, ateliers de rédaction du plaidoyer, travail en sous-groupes… Le tout avec des méthodologies d’éducation populaire.

- 2 policy briefs produits et partagés à des décideur·euses locaux·les lors de soirées de restitution.

 

Les associations membres de la CELAD de Lyon : Ecolog'ISARA, ESSentiel, Gaelis Lyon, GreenTPE, Isar'AMAP, L3DD, Vrac Universités, The New Locals

 

Les associations membres de la CELAD de Paris : 

AGEP, Icare, Pavés, Sciences Po environnement Paris, Solidariterre, Soligreen

Conventions étudiantes locales de l'alimentation durable, week-end national | RESES

Un projet pour les étudiant·es

Les Conventions Étudiantes Locales de l’Alimentation Durable (CELAD) poursuivent  plusieurs objectifs :

- Former et outiller des étudiant·es aux enjeux des systèmes alimentaires (agriculture, précarité, environnement) et leur donner du pouvoir d’agir
- Structurer des coalitions locales d’associations étudiantes engagées.
- Porter des propositions concrètes auprès des acteurs publics (CROUS, villes, universités).
- Créer des espaces de dialogue entre jeunes, expert·es et décideur·euses.
- Expérimenter la démocratie participative
- Réfléchir au niveau local (les CELAD sont inspirées de la CEAD)

CELAD de Lyon : Agir sur la précarité et l’éducation

La CELAD Lyon a axé ses propositions sur deux leviers principaux : lutter contre la précarité alimentaire étudiante et intégrer l’éducation à l’alimentation durable dès le plus jeune âge.

Parmi ses recommandations, il y a la création d’un réseau d’étudiant·es ambassadeur·ices dans les résidences CROUS. Ces étudiant·es, formé·es par des nutritionnistes et des chef·fes cuisinier·es, organiseraient des ateliers cuisine hebdomadaires pour transmettre des compétences culinaires et nutritionnelles à leurs voisins de la résidence.
Face au constat d’un sentiment croissant d’isolement social chez les étudiant·es, l’objectif de ces temps de cuisine collectifs est de favoriser le lien social entre les jeunes participant·es. L’ambition est également de leur donner les clés pour rendre leur alimentation plus durable

Une autre proposition vise à systématiser l’éducation à l’alimentation durable dans les écoles primaires et collèges de la Métropole de Lyon. En complément des cantines déjà engagées (65 % de bio en 2025, objectif 100 % en 2026), la CELAD propose d’intégrer des ateliers pratiques sur la saisonnalité, les circuits courts et la réduction du gaspillage, en collaboration avec des agriculteurs et des acteurs locaux.

Enfin, pour soutenir les initiatives collectives, la CELAD recommande la création de fonds d’expérimentation locaux et de financements pluriannuels pour les structures œuvrant en faveur de l’alimentation durable, afin de réduire leur précarité et favoriser leur coopération sur le long terme.

RESES

CELAD Paris : Rendre l’alimentation durable accessible pour toustes

À Paris, la CELAD a concentré ses efforts sur trois axes : l’accessibilité physique et financière à une alimentation durable, l’éducation des étudiant·es, et la réduction de l’influence de la publicité alimentaire.

Pour rendre les campus plus inclusifs, la CELAD propose d’abord d’intégrer l’accès à une alimentation durable et locale dans les schémas directeurs DD&RS (Développement Durable et Responsabilité Sociétale des Établissements) des universités. Cela passerait par des partenariats avec des AMAP ou des espaces agricoles intra université, ainsi que par un financement dédié pour équiper les cuisines collectives des résidences CROUS, aujourd’hui sous-utilisées faute de matériel adapté.

En matière d’éducation, la CELAD Paris préconise de créer un réseau d’acteur·ices engagé·es (associations, agriculteurs, diététiciens) pour organiser des formations et ateliers sur les campus, afin de rendre concrètes les notions d’alimentation saine et durable.

Enfin, pour limiter l’exposition aux produits ultra-transformés, la convention demande l’extension de l’interdiction de la publicité (actuellement limitée à 50 m autour des écoles parisiennes) à 100 m, et son application dans toute l’Île-de-France. Elle suggère aussi un état des lieux du marketing alimentaire sur les campus pour identifier et réduire la visibilité des produits les moins durables.

 

Les CELAD, quels impacts ?

Les CELAD ont transformé un ensemble d’étudiant·es parfois déjà sensibilisé·es en un collectif interassociatif plus compétent, engagé et équipé pour agir !

 

A Lyon, près d’une vingtaine de personnes ont répondu présentes à la soirée de restitution du travail mené. Parmi elles, des personnes de BelleBouffe, du Crous de Lyon, de la Ville de Lyon), Barthélémy Chenaux (Mairie du 7 arr de Lyon),  de l'ENTPE…   L'occasion pour les étudiant·es d’animer un jeu de cartes créé pour l’occasion, partager et discuter de leurs recommandations. 

 

Une rencontre avec Jérémy Camus a également été organisée, afin de partager les recommandations et discuter ensemble de la manière dont la Métropole de Lyon pourrait les mettre en œuvre.

 

A Paris, c’était près de 40 personnes présentes à la soirée de restitution où les étudiant·es ont présenté une exposition photo afin d’illustrer leurs propositions. Y étaient présentes : Damien Baloge chef adjoint du Bureau de la vie étudiante à la Ville de Paris, de l’Université Paris Cité ; de l’Université Gustave Eiffel , du CROUS de Paris, de l’ADEME et bien d’autres. 

 

Le projet a été suivi par 2 chercheur·euses du groupe de travail à caractère scientifique intitulé « convention citoyenne étudiante et soutenabilité ». Le groupe de recherche effectue une étude de cas sur le dispositif des CELAD, qui permettrait d’apporter des réponses à certaines questions de recherche et mieux comprendre les résultats.

ce qu'en ont pensé les participant·es

Aurore CELAD Lyon :Les CELAD m'ont fait comprendre que l'alimentation durable c'est en réalité plus que juste être végétarien·ne. Quand je me suis inscrite je n'avais aucune idée de quoi on allait pouvoir parler. Mais j'ai compris que cela va de la production agricole jusqu'à la distribution puis à nous consommateur·ices. Les sujets abordés étaient variés et les intervenant·es professionnel·les et passionné·es. On parlait aussi bien de questions sociales que environnementales et j'ai trouvé que c'était un vrai plus. J'ai aussi beaucoup apprécié les gens qui participaient avec moi. Le cadre était bienveillant et on n'avait pas peur de poser des questions ou donner son avis. J'ai pu rencontrer des étudiants engagés qui comme moi étaient motivés à apprendre.”

 

Malo CELAD Lyon “J'ai bien aimé découvrir les acteur·ices du territoire, les nombreuses associations et faire la sortie au courtil de Lucile ! La rencontre avec des étudiant·es de différents milieux est super pour varier les idées et c'est chouette de rencontrer d'autres parcours post bac. L'ambiance était très bonne !”

RESES

Ariane CELAD Lyon “Je me suis engagée dans les CELAD sans trop savoir où ça allait me mener, juste en suivant mon envie d’en apprendre davantage sur l’alimentation durable et de rencontrer des personnes qui s’intéressent également à ce sujet. Au fil des webinaires, rencontres avec des professionnel·les de l’alimentation, journées de formation, j’ai découvert et surtout approfondi des enjeux majeurs de l’alimentation. 

Mais ce que j’ai le plus retenu, c’est la force des liens humains dans tout projet : les idées qui se créent par l’émulation du groupe, les complexités pour travailler à 25 cerveaux, l’importance de notre soutien soutien mutuel, ainsi que de celui des accompagnatrices du RESES… Les CELAD, c’est une montée en compétences techniques et humaines, une expérience sociale et solidaire.”

 

Malo L CELAD Lyon “La CELAD aura été une grande expérience humaine. Une année de réflexion collective parsemée d'embûches. La démocratie, surtout quand il s'agit de proposer des propositions en groupe, est parfois frustrante. Il faut parfois laisser de côté ses convictions personnelles pour aboutir à un accord collectif. Néanmoins, au bout de nombreuses discussions, ateliers de réflexion collective sur l'alimentation. Les échanges ont été riches on est fier·es du travail accompli qui se matérialise par un plaidoyer et plusieurs rencontres avec des élu·es de la ville et de la métropole. Un beau projet avec des hauts et des bas, de belles rencontres qui sortent de notre zone de confort mais surtout le sentiment d'avoir apporté notre pierre à l'édifice, pour un monde plus juste et solidaire !”

 

Un grand merci à tous les partenaires qui ont contribués à ce projets : 

Université Sorbonne Paris Nord ; Let’s food ; Réseau Action Climat ; Réseau Civam ; Action contre la Faim ; Ferme Sauvages et cultivées ; Le Courtil de Lucile ; Bellebouffe ; VRAC ; Collectif TRESS ; Territoires à VivreS Lyon ; ALTAA ; Déclic collectif ; Crous de Lyon et de Paris ; Villes de Lyon et de Paris ; Ygor, l’accélérateur d’engagement ; Fondation Carasso ; Académie du Climat

 

Eva Guyot

2026-01-20

Alimentation Durable